Relations Hommes-machines au travail

  • Que nous apporte véritablement les machines ?
  • Quel lien entretenons-nous avec l’intelligence artificielle ?
  • Pourquoi cette relation homme-machine devient de plus en plus importante dans l’univers du travail ?
  • L’intelligence artificielle complète-t-elle l’Homme ou bien n’est-elle que la continuité de nos capacités innées et acquises ?

Nous allons découvrir les réponses dans cet article. En croisant les effets
contradictoires de la technologie sur les Hommes et à travers les liens dynamiques qui
ne cessent d’évoluer et de se construire entre machines, outils et Hommes, nous allons
explorer les relations Hommes-machines et l’impact de celles-ci sur les Hommes en
milieu professionnel.

Depuis la révolution industrielle du 19ème siècle, deux bilans peuvent être mis en avant
par rapport aux machines :

  1. La machine aide l’Homme en lui permettant d’évoluer, d’apprendre, de
    progresser en devenant toujours plus efficace.
  2. La machine bannit certaines personnes aux problématiques du travail à la
    chaîne, au chômage et à la pauvreté.

Ces deux constats qui s’opposent provoquent naturellement des sentiments
contradictoires chez les êtres humains vis-à-vis des machines et de la modernisation
technologique qui ne cesse de s’accélérer.

Aujourd’hui, nos comportements envers les machines (ici considérées comme toute
technologie, allant des machines d’usine aux portables, ou de la connexion internet à
l’intelligence artificielle) et la manière dont nous les utilisons démontrent concrètement
deux tendances selon Thomas Maître (expert Chatbot B2B et CEO de Vizir) :

  1. L’Homme est de plus en plus proche de la machine au sens littéral comme au
    sens figuré, les machines sont de plus en plus dans nos environnements et se
    rapprochent de plus en plus de nos dimensions humaines (émotions, feedback,
    partage de connaissances, échanges, intéractions, communications).
  2. L’Homme fait preuve de plus en plus d’anthropomorphisme vis-à-vis de la
    machine.

Selon Thomas Maître, la machine peut être vue comme un simple outil.
Depuis l’ère préhistorique, l’Homme a développé plusieurs outils qu’il a affiné au fil du
temps et n’a jamais cessé d’en avoir besoin jusqu’aujourd’hui.

Les outils lui ont permis d’économiser et de multiplier sa force afin de construire le
monde à sa manière. Ils lui ont permis de faire le bien mais aussi le mal dans un monde
en continuel développement.

Aristote décrit l’idée selon laquelle l’outil donne l’opportunité à l’Homme de devenir un
Homme complet.
Ce n’est donc pas seulement l’un qui crée l’autre mais bien les deux qui se façonnent et
se construisent mutuellement.

L’Homme est intelligent et a une grande capacité d’adaptation à son environnement et
aux situations mais il n’a pas la capacité de “faire” ce que l’outil peut faire.
Que l’outil soit une machine ou un objet, il y a bien une réciprocité dans la relation entre
l’Homme et la machine.

Selon Thomas Maître, la machine (au sens large de la technologie) est de plus en plus
vital pour l’Homme.
Maîtriser la culture technologique devient de plus en plus indispensable pour s’adapter
et vivre dans le monde qui nous entoure, c’est aussi une nécessité professionnelle.

Dans la majorité des emplois, l’utilisation d’un ordinateur est essentielle, et ce dans tous
les secteurs.
Les agriculteurs utilisent l’intelligence artificielle pour améliorer leur rendement (smart
farmer), les ouvriers travaillant dans les usines interagissent principalement avec des
logiciels qui actionnent les machines, tandis que dans le secteur tertiaire pratiquement
toutes les tâches sont basées sur le numérique.

“L’humain doit s’adapter au tout robotisé” (Thomas Maître).

Tous ces outils technologiques ne sont pas seulement présents dans nos vies
professionnelles mais aussi omniprésents dans nos vies personnelles.
A tel point qu’il existe aujourd’hui une peur appelée nomophobie qui se manifeste par la
peur extrême d’être séparé de son portable.
Et de nos jours, la plupart des personnes deviennent anxieuses simplement par le fait
d’oublier leur téléphone à la maison.

Cette anxiété n’est pas forcément irrationnelle quand on sait que le smartphone
remplace de nombreux outils anciennement matérialisés comme l’agenda, la boîte mail,
la montre, les relations sociales centralisées sur les réseaux sociaux, les médias, les
divertissements …

Tout devient tellement plus rapide et économique en termes d’apprentissage qu’on peut
se demander pourquoi retenir des informations alors qu’une simple recherche sur
Google peut nous donner la réponse ?
Pourquoi se donner la peine d’acheter et de ranger des CD alors que tous les titres sont
accessibles sur Spotify ?

Les machines ont créé des besoins qui n’existaient pas forcément dans l’ancien temps
comme le besoin d’être constamment en contact avec notre entourage.
Est-ce une bonne chose ? Parfois oui, d’autres fois peut-être pas.

Ce besoin a permis à beaucoup de personnes d’être rassurées en un temps record de
la santé et du bien-être d’un proche se trouvant sur un autre continent lors d’un tsunami
par exemple, mais pour certaines personnes, ce besoin est devenu un calvaire car s’il
n’est pas contrôlé il peut se transformer en anxiété d’autant plus s’il le destinataire ne
répond pas.

De nos jours, la cadence est très rapide, sans notre téléphone lors d’une journée
quotidienne de travail nous serons sûrement très intelligent mais nous ne pourrons pas
faire grand chose comme l’a souligné Aristote.

Alors à quel genre de relation nous attendons nous avec les machines dans le futur ?
Elles sont de plus en plus proches physiquement de nous, partout dans nos
environnements.

La montre connectée assure le contact permanent entre notre corps et la machine, le
portable devient tellement performant qu’il est parfois semblable au prolongement de
notre bras.

Concernant les joueurs de jeux vidéos, le contact avec les machines a créé pour
certains des modifications physiques sur leur corps, il existe aujourd’hui des
ostéopathes qui se sont spécialisés dans l’étude des mains des joueurs de jeux vidéos.

Les machines se sont installées dans nos vies et ont pris une place privilégiée de façon
progressive mais aussi rapide.
Et la majorité d’entre nous avons accepté parfois même sans nous en rendre compte,
mais rares sont les personnes ayant contesté l’existence des machines dans nos vies
car nous considérons généralement qu’elles améliorent nos vies et sont utiles.

“Nous vivons avec, de plus en plus par nécessité pratique que par réel choix” (Thomas
Maître).

Est-ce éthique ? C’est une question qui suscite de grands débats.
Eclairons la question à travers un exemple pertinent de Peter Singer (professeur,
philosophe et éthicien de renommée internationale) concernant l’interaction entre
technologie et bioéthique :

Dans les années 1950, le respirateur a été inventé et a permis de maintenir en vie des
patients qui ne pouvaient pas respirer sans assistance (technologique).
Cet appareil continue de sauver des vies, mais qu’en est-il des patients qui ne
reprennent jamais conscience ou qui ne peuvent plus vivre sans assistance respiratoire
? Ce problème éthique s’est posé avec plus d’acuité dans les années 1960, lorsque le
docteur Christian Barnard démontra qu’il était possible de sauver des vies en
transplantant le cœur d’un patient sur un autre.

Alors la question se posa : “Que faire des patients sous respirateur qui ne reprendront
jamais conscience et dont le cerveau ne réagit plus ? Faut-il les maintenir sous
respiration artificielle pour le restant de leurs jours ou faut-il débrancher le respirateur et
les laisser mourir ?”

La solution a consisté à modifier notre définition de la mort.
Jusque-là, selon la législation en vigueur, un individu était déclaré mort lorsqu’il ne
présentait plus de rythme cardiaque, de pouls et de respiration.

Il a suffit d’ajouter à cette définition l’arrêt irréversible de toutes les fonctions cérébrales
pour pouvoir prononcer le décès officiel de certains patients sous respirateur.

Encore plus important, grâce à cette nouvelle définition, il est devenu possible de
prélever les organes de patients artificiellement maintenus en vie alors que leur cœur

battait encore et d’utiliser ces organes pour sauver d’autres vies. Ce qui est incroyable
c’est que cette décision ne rencontra que très peu d’opposition à l’époque.

“Je nourris l’espoir que nous mettrons la technologie au service de l’amélioration de
notre qualité de vie, et ce d’une manière plus équitable afin de venir en aide aux plus
démunis. C’est dans ce domaine que nous avons le plus à apporter.” ajoute Peter
Singer.

Thomas Maître pose la question de la limite de l’intégrité physique, selon lui l’intégrité
du corps humain est une limite éthique (et pour l’instant légale) à cette proximité.

Tous les outils centralisés dans notre portable pourraient un jour devenir des outils
centralisés dans notre corps par des dispositifs tels que les neuroprothèses par
exemple.
Mais il semble que ce soit la limite éthique pour nombre de personnes d’après lui.

En revanche, cette limite éthique varie selon les cultures, certains voient des
potentialités extrêmes dans ce type de dispositif en matière de progrès, d’efficacité,
d’amélioration de l’être humain, de développement, tandis que d’autres craignent une
dénaturation de l’humain.

En France par exemple, le droit à l’intégrité physique est constitutionnel.
L’article 16-1 du code civil indique que le corps humain est inviolable, indisponible, il ne
peut faire l’objet d’un contrat.

Thomas Maître pose alors les questions suivantes :
_ Si la machine entre dans l’Homme, fait-elle partie du corps humain ?

_ Si oui, la machine devient indisponible, et donc le droit de propriété ne s’appliquera
plus sur elle ?

Bien sûr, cette limite éthique varie selon le domaine concerné.
Dans le milieu médical, la proximité extrême de la machine est généralement
éthiquement acceptée.

En 2014, le premier cœur électronique a été implanté sur l’Homme.
Nous remarquons alors l’utilité pour sauver des vies humaines.
L’article 16-3 du code civil indique qu’il ne peut être porté atteinte à l’intégrité du corps
humain qu’en cas de nécessité médicale pour la personne. Le consentement est alors
indispensable.

“Un bracelet GPS à la sortie de prison nous paraît lui beaucoup plus acceptable qu’une
puce GPS qui demande une intervention chirurgicale pour être enlevée. Pour sauver
c’est d’accord, pour surveiller il en est hors de question” énonce Thomas Maître.

Selon lui, la suite logique à tout cela serait le cyborg.
Généralement humain, le cyborg est un être augmenté par des ajouts mécaniques au
sein de son corps.
Le mot cyborg vient de la contraction de “cybertenic organism” (organisme
cybernétique).

Au commencement dans les années 60’, le cyborg était imaginé pour survivre dans des
environnements extraterrestres.
Aujourd’hui, ce terme est utilisé au niveau scientifique, de nombreux membres et
organes de notre organisme peuvent être remplacés par des prothèses.

Le transhumanisme nous ouvre alors de nouvelles portes, les personnes désirant
annuler les faiblesses propres à l’être humain grâce aux progrès technologiques se
multiplient.
Elon Musk mise sur des neuroprothèses permettant l’amélioration de nos capacités
mentales et cognitives.

Pour l’instant, les prothèses bioniques sont principalement envisagées comme des
dispositifs médicaux.
Mais nous concevons aisément de les utiliser un jour pour la création de corps
améliorés qui pourraient nous permettre éventuellement de multiplier exponentiellement
nos capacités physiques naturelles comme porter des choses plus lourdes, aller plus
vite ou encore vivre plus longtemps.

Nous pouvons remarquer la vitesse incroyable à laquelle certains patients amputés
s’adaptent à un nouveau membre technologique qui leur est accordé, et cela
notamment nous le devons à notre grande capacité d’adaptation qui nous a permis de
survivre comme le dirait Darwin.

Cela a pu développé des questions pertinentes que ce sont posées quelques grands
noms dans l’univers des technologies :

_ Ne pouvons-nous pas déjà être considérés comme des cyborgs ?

_ Tous ces outils technologiques que nous utilisons quotidiennement, que nous ne
quittons même plus pour aller nous coucher, ne nous rendent-ils pas déjà plus
mécanisés ?

Il y a un sujet sur lequel travaillent de nombreux chercheurs : l’optimisation de la
communication entre la machine et l’humain.
La relation Homme-machine se développe notamment grâce à l’optimisation de la
communication entre l’humain et la machine.

L’objectif est que nous puissions interagir le plus simplement et le plus intuitivement
possible avec les machines.
C’est dans cette vision que la plupart de nos appareils sont tactiles qu’ils sont dotés de
la reconnaissance faciale (ce qui nous fait économiser le fait de devoir taper un code
avec nos mains à chaque déverrouillage du portable).

L’AFIHM (Association Francophone d’Interaction Homme-Machine) travaille notamment
sur l’application de la reconnaissance faciale sur les portables.
Les modes d’interactions deviennent de plus en plus transparents et les systèmes de
plus en plus adaptés à nos capacités physiques, cognitives et sociales.

Laurence Devillers (professeure en IA à la Sorbonne université et chercheuse au
CNRS), conjugue la technologie à la psychologie et à la sociologie.
Les robots s’occupant des personnes âgées ont par exemple besoin d’inspirer de la
confiance à ces dernières.

L’envie de créer de l’émotion dans la machine pour adapter son comportement aux
émotions et aux humeurs de l’être humain est née en 1997 avec le mouvement
d’anthropomorphisme au MIT.

La machine peut reconnaître les indices émotionnels (verbaux ou non verbaux) et faire
de l’humour afin de diminuer le stress de son interlocuteur.
L’impression d’empathie est nécessaire à la confiance, même si ce n’est qu’une
simulation.

Nous pouvons aussi imaginer la transposition des émotions dans les ordinateurs, par
exemple lorsque ces derniers mettent du temps à accomplir une action, ça nous
rassurerait bien qu’ils nous parlent pour que l’on soit plus patient.
La machine devient alors humanisée.

“Quand Alexa nous répond, on aurait presque envie de lui dire merci” (Thomas Maître).

Selon la théorie du roboticien Masahiro Mori dans les années 70, l’humanisation de la
machine a une limite appelée “la vallée de l’étrange” (ou vallée dérangeante).

Selon lui, à partir d’un certain degré de ressemblance anthropomorphique d’une
machine, celle-ci devient dérangeante pour l’humain.
Autrement dit, plus un robot nous ressemble, plus les indices essentiels à la
différenciation entre la machine et l’humain (battements de cœur, souffle, voix assez
neutre) nous mettent mal à l’aise.

Ainsi, en théorie, une personne humaine sera plus à l’aise face à un robot ayant un
aperçu clairement artificiel que face à un robot ayant une apparence humaine (peau
humaine, vêtements, visage).

Selon Thomas Maître, un robot dans la vallée de l’étrange est jugé comme un humain
au comportement anormal, étrange.
La machine ne doit donc pas être trop humanisée pour inspirer la confiance, ou alors
l’être beaucoup plus, assez pour qu’elle puisse être confondue avec un réel humain.

C’est dans cette démarche que des robots comme Nao ou Peppers ont été conçus, en
n’ayant que peu de caractéristiques communes avec les humains.

Thomas Maître considère important de parler de la mécanisation de l’Homme
parallèlement à l’humanisation de la machine.

L’une des définitions du vivant qu’il cite est la suivante : “ensemble constitué par des
éléments ou organes remplissant des fonctions différentes et coordonnées”.
“Le mécanisme, la machine, peut quant à lui être défini comme un ensemble de pièces
agencées pour produire ou transmettre un mouvement”.

Descartes, quant à lui, a conclu que l’humain pouvait être considéré comme une
machine, en faisant un parallèle entre la montre et l’arbre notamment : “lorsqu’une
montre marque les heures par le moyen des roues dont elle est faite, cela ne lui est pas
moins naturel qu’il est à un arbre de produire ses fruits”.

Le mécanisme cartésien défend l’idée selon laquelle les êtres vivants sont comparables
à des machines.

La technologie est de plus en plus accessible pour la majorité des pays du globe,
financièrement mais aussi en termes d’utilisation.
Les appareils électroniques dont nous disposons sont de plus en plus performants,
avec une taille de plus en plus réduite et coûtent de moins en moins chers.

Cela provoque chez les êtres humains “un besoin grandissant d’efficacité des
machines”.
“Nous sommes par exemple de plus en plus pressés. Deux minutes pour que notre
ordinateur démarre nous semble être une éternité, alors qu’il y a quelques années
seulement c’était le plus rapide sur le marché” (Thomas Maître).

Finalement, nous sommes en constante recherche d’appareils encore plus performants
qui deviennent plus rapidement obsolètes.

Selon Thomas Maître, cette exigence se couple à une confiance en la machine.
La machine a plus de fonctionnalités, donc plus de responsabilités.
L’Homme s’attend à ce que son réveil sonne à 8h, il lui fait confiance pour assurer cette
mission.

Pourtant, la technologie ne nous inspire pas toujours confiance, par exemple une
“machine-médecin” utilisant l’IA (intelligence artificielle) pour établir un diagnostic sera
en théorie plus fiable qu’un vrai médecin (avec internet l’IA aura accès à tous les
couples diagnostics-symptômes, tandis que le vrai médecin n’aura connu que quelques
centaines de cas dans sa vie).

Mais malgré cela, dans les domaines appelant une dimension sociale comme la
médecine, l’humain semble indispensable pour la plupart des personnes.

Un deuxième exemple, le pilotage automatique d’un avion est en théorie plus efficace
que le pilotage d’un humain.
Mais il y a toujours un pilote à bord de l’avion, car en cas de conflits avec un passager
par exemple, l’humain pourra agir et parce que nous avons naturellement moins
confiance en la machine qu’en l’humain.

Günther Anders (philosophe allemand et autrichien), parlait de “honte prométhéenne”
qui se définit par une prise de conscience accablée que l’Homme n’est pas à la hauteur
des machines qu’il a produite.

Certains comme Hiroshi Ishiguro s’émerveillent en créant leur propre “jumeau
robotique”, tandis que d’autres sont anxieux de l’omniprésence incessante des
machines.
Selon les différents points de vue, la machine peut nous remplacer ou nous améliorer.
“Elle peut être vue comme un golem (être artificiel qui assiste et protège son créateur)
ou comme une menace” (Thomas Maître).

Nous pouvons déjà tous remarquer le remplacement des humains par les machines
dans certaines situations de travail comme chez Amazon où l’Homme ne porte plus
mais conduit la machine qui elle porte.

“D’un autre côté, ne pouvons nous pas considérer que la communication à longue
distance grâce à nos téléphones nous “améliore” socialement, nous rende plus humain
? Ou bien que les connaissances infinies sur le monde entier, disponibles en quelques
clics, nous rendent plus intelligents ?
Évidemment à ce sujet on peut aussi considérer que la machine remplace notre
mémoire, qu’on prend donc moins la peine de retenir les choses et donc de faire
fonctionner notre cerveau” (Thomas Maître).

La réponse à ces questions entraîne un débat clé qui met en lumière l’influence de la
technologie sur nos capacités humaines les plus centrales, ainsi que sur les

comportements de dépendance vis-à-vis des machines et de la relation évolutive que
l’on entreprend avec elles.

Cette relation dépend de la machine mais aussi de la personne concernée.
Les habitudes et objectifs de vie ne sont pas identiques pour tout le monde, ils
définissent et dessinent en amont la relation et l’interaction entretenue avec la machine.

Selon Peter Singer, “Il est temps de réfléchir à la manière d’instaurer une société
caractérisée par un volume de travail bien moins important pour les humains mais
capable de réaliser des gains de productivité et de les mettre au service de la
collectivité.
Par exemple au moyen d’un régime universel de revenu minimum, le tout en comblant
le besoin de se sentir utile qu’éprouve tout individu. Ce défi sera extrêmement difficile à
relever”.

Il évoque une hypothèse pertinente : “Peut-on envisager que ces machines super
intelligentes, dans l’hypothèse où il s’agirait d’êtres doués de conscience, aient en
elles-mêmes une valeur intrinsèque équivalente, voire supérieure, à la nôtre ?
La plupart d’entre nous rejetteront cette idée, en raison peut-être d’un parti-pris instinctif
en faveur de notre propre espèce.
Cette perspective doit assurément nous inciter à une réflexion plus profonde”.

La conscience serait alors peut-être la seule chose qui pourrait nous différencier des
machines potentiellement sur-développées dans un avenir proche ou lointain.

Mais qu’en est-il des objectifs ? Les humains, en général, ont des objectifs assez précis
ce qui leur permet d’accomplir plusieurs actions et parfois même de justifier leurs
actions prises dans un but précis.
Dans le cas où le robot serait doué de conscience, pourrait-il avoir des objectifs précis
indépendamment de sa programmation ? Pour quelles raisons en aurait-il ? Comment
justifierait-il ces actions ? Serait-ce éthique ?

Nous avançons déjà très rapidement en matière de technologie, est-ce possible de
ralentir ou de faire demi-tour ?
D’après l’industrie 5.0, c’est incohérent et impossible.

James Jardine (rédacteur et fournisseur de solutions logicielles dans le cloud) définit
l’industrie 5.0 ainsi : “C’est un terme qui se rapporte à la coopération et aux interactions
entre humains, robots et machines intelligentes.
Il s’agit de robots qui aident les humains à travailler mieux et plus vite en tirant parti de
technologies avancées comme l’Internet des objets (IoT) et les Big data.
L’industrie 5.0 ajoute une touche humaine personnelle aux piliers de l’automatisation et
de l’efficacité de l’industrie 4.0”.

Selon Marc Beulque (vice-président des opérations internationales de Rogers),
“L’industrie 5.0 reconnaît que l’être humain et la machine doivent être interconnectés
pour répondre à la complexité future de l’industrie manufacturière et à une hausse de la
personnalisation par le biais d’un processus de fabrication robotisé et optimisé”.

Le CESE (Comité économique et social européen) abrège la situation comme ceci :
“l’essor de l’automatisation robotique est inévitable”.

Selon ce comité qui constate que l’Europe est en retard par rapport à la Chine (où il
existe déjà une usine entièrement peuplée de robots sans un seul humain) et aux
Etats-Unis dans le domaine des technologies en plein développement comme
l’intelligence artificielle, “l’union européenne devrait accueillir la numérisation à bras
ouverts pour le bien des consommateurs, des fabricants et des employés”.

Selon James Jardine, la question n’est pas de savoir si un industriel peut tirer profit du
fait que son personnel travaille aux côtés de robots, mais comment il peut tirer le
meilleur parti des nouvelles technologies pour bénéficier de façon optimale des
interactions homme-machine.

Aujourd’hui et demain ce qui est important c’est de rester conscient de l’impact des
technologies sur nos comportements, nos capacités mentales et cognitives, nos
émotions, notre intégrité physique, nos capacités interactionnelles et sociales ainsi que
sur notre degré de conscience.

Publié par

Rukiye Kirbas

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